Forbidden Colours dénonce l’interdiction de la marche de l’EuroPride à Belgrade
La Pride ne peut pas être interdite.
Le 13 septembre 2022, la police serbe a annoncé que la marche clôturant les célébrations de l’EuroPride à Belgrade était interdite. Forbidden Colours dénonce cette décision.
L’incapacité à organiser et à sécuriser l’événement pour des centaines de militants des droits humains démontre que le droit de tous les citoyens de manifester et de protester pacifiquement n’est pas garanti en Serbie. Cela montre que les valeurs clés de l’UE que sont la démocratie et l’état de droit ne sont pas solidement ancrées dans le pays. Il reste également beaucoup de travail pour s’assurer que la Charte des droits fondamentaux de l’UE soit pleinement approuvée et appliquée en Serbie. Cette interdiction est sans aucun doute un recul dans le processus d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne, démontrant que le pays est loin de répondre aux exigences.
À la lumière de cette décision, Forbidden Colours appelle le gouvernement serbe à déployer des efforts concrets et immédiats pour garantir et protéger les droits humains de toutes les personnes LGBTIQ+ dans le pays, et demande à la Commission européenne ainsi qu’au Conseil européen de prendre scrupuleusement en compte la situation des personnes LGBTIQ+ en Serbie avant d’accorder au pays l’adhésion à l’UE.
Cette interdiction donne une mauvaise image de la Première ministre serbe Ana Brnabić, qui avait promis une organisation sûre de l’EuroPride en 2019. Mais une lourde responsabilité incombe également au président serbe pro-russe Aleksandar Vučić. Son intervention fin août appelant à l’annulation ou au report des célébrations de l’EuroPride a alimenté le sentiment parmi les manifestants opposés aux droits humains que la marche n’était pas la bienvenue à Belgrade et devait être arrêtée.
L’organisation derrière l’EuroPride à Belgrade a déjà annoncé qu’elle contesterait l’interdiction devant les tribunaux.
Pourtant, la Belgique a affiché un soutien décisif à l’événement, aidant à accroître la pression internationale sur le gouvernement serbe pour s’assurer que la marche pacifique ait lieu. Le 13 septembre, Petra de Sutter, vice-première ministre de Belgique, a participé au panel d’ouverture de la conférence internationale sur les droits humains, un événement qui a rassemblé des centaines de militants discutant des moyens d’améliorer la situation des personnes LGBTIQ+ en Serbie et au-delà. Le 14 septembre, le directeur exécutif de Forbidden Colours, Rémy Bonny, a animé un panel sur la manière de garantir l’égalité, la diversité et la sécurité des personnes LGBTIQ+, avec la participation de Stephanie D’Hose, présidente du Sénat de Belgique.
Le 16 septembre, Pascal Smet, secrétaire d’État de la Région de Bruxelles-Capitale chargé des Relations internationales, a pris la parole lors du panel de clôture de la conférence. Il a également participé l’après-midi à un panel sur la manière de rendre les villes plus ouvertes et inclusives pour les personnes LGBTIQ+, animé par Vincent Reillon, responsable de la sensibilisation et des politiques chez Forbidden Colours.